Monique Hervouet, nouvelle metteure en scène – édition 2018

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  • Bonjour Monique, comment vas-tu? je suis Moreau, auteur et metteur en scène au Festival depuis 2017
    Pour moi, ça va pas mal, malgré la grisaille !
    Tu t’apprêtes à mettre en scène un spectacle pour le Festival de caves 2018, y-a-t-il quelque chose de particulier à travailler dans les souterrains ?
    Quelque chose qui tiendrait de l’aveu. Une confidence qui ne serait pas envisageable en surface. Un texte qui donnerait la parole aux oubliés de la lumière, à ceux qui se dérobent au fourmillement urbain, qui se creusent un terrier dans les entrailles de la terre, des chercheurs d’incognito.
    Qu’est-ce que représente la cave pour toi?
    Pour moi la cave, c’est le secret, la clandestinité. Première idée. Mais c’est aussi l’endroit où s’entassent des traces du passé, des objets que l’on ne peut assumer au grand jour : inutiles, désuets ou honteux; ou bien des trésors qu’on préserve de la convoitise et qui vont là se bonifier. Mais la cave, c’est aussi un endroit de frayeur, de punition ou de torture, un lieu peuplé de fantômes, où se réactivent les peurs enfantines.
    Peux-tu nous dire quelques mots sur le spectacle que tu mets en scène?
    « DEUX MOTS », c’est un texte pour une femme seule de Philippe Dorin. Davantage connu comme dramaturge pour le jeune public, l’auteur adresse ce monologue aux adultes avec la même approche poétique et malicieuse. Seule devant l’attente des spectateurs et le vide de la scène, une femme vide son sac. Littéralement. Chaque objet qu’elle en sort, banal ou incongru, participe à tisser le récit de sa vie. Pas à pas, on voit l’ordinaire déraper dans l’illégalité, le sourire dévoiler l’angoisse et la drôlerie virer au glaçant.
    Je sais que tu as une grande expérience des acteurs et des auteurs, peux-tu en dire quelques mots?
    Le fonctionnement du Festival de caves propose une aventure pour moi inédite : mettre en scène une comédienne que je ne connais pas, que je n’ai pas choisie ! En deux semaines de travail en décembre, nous sommes allées simultanément à la découverte du texte et de nous-mêmes. Double inconnue qui a donnée à notre approche une vibration bénéfique. Il faut dire qu’Anne-Laure Sanchez a tout de suite adhéré au texte, s’est installée très vite dans sa tonalité clownesque et tragique. Un bonheur !
    Il y a d’un côté, ton expérience et de l’autre, ce cabinet de curiosité du spectacle dans la cave, est-ce que cela engage une intimité particulière avec toi-même?
    Le cocon obscur dont on fait théâtre conditionne le sensible, invite à fouiller le secret. Le texte de Dorin, portrait joyeux d’une marginalité cabossée convoque aussi à sa manière des non-dits remisés. C’est aussi ce qui a guidé mon choix, pensant à la singularité du contexte de la représentation.

    DEUX MOTS / avec Anne Laure Sanchez, création à Besançon le 5 mai – Dates de diffusion à découvrir sur www.festivaldecaves .fr
    Philippe Dorin est écrivain. Il né en 1956 et vit à Paris.

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