Pauline, Camille, vous jouez au Festival en 2018

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  • Interview réalisé par Moreau

    • Bonjour Pauline, Comment vas tu ?

    Bien merci
    Comment envisages-tu cette première pour toi au Festival de caves ?
    Je suis très excitée de cette expérience.
    Qu’est que représente pour toi la cave ?
    Un lieu ou le temps est suspendu, le lieu des secrets, de l’isolement, des oubliés, et de tous les possibles. (Silence) Quand j’étais petite mes parents avaient une cave ou personne n’allait, la journée à l’école, je n’écoutais rien, je m’évadais dans mes pensées ne souhaitant qu’une chose rentrer chez moi et descendre dans ma cave. Mon no man’s land, cet endroit rempli d’histoires, de cartons de tante Fernande, mamie Suzanne, des livres, des objets incongrus de mes ancêtres stockés là pour une durée indéterminée. Ce lieu était devenu mon refuge: tantôt un village playmobil, tantôt un laboratoire de chimie, tantôt un cirque, la Chine, un château, c’est là que je jouais et que je pouvais faire mon bordel sans être dérangée. Et malgré le froid et l’odeur je pouvais y rester pendant des heures.
    Peux-tu nous parler de ta rencontre avec les metteurs en scène du festival ?
    C’est la question (un temps) le spectacle que nous préparons tentera d’y répondre.
    Peux-tu nous dire quelques mots sur ton travail ?
    « Il est doux d’aller à l’autre. La recherche (…), le jeu, la curiosité, l’envie d’apprendre de celui qui n’est pas nous, de l’étrange étranger. » Stanislas Nordey
    Y-a-t’il une préparation particulière, une mise en condition particulière ?
    Oui je ne suis pas très à l’aise avec la conduite automobile, alors je me prépare psychologiquement à ce road trip.
    Merci Pauline Bertani et bonne route ?

    • Et toi Camille ?                                                                                                                                                                                                    Ça va bien. Malgré l’hiver, le froid… Je crois que j’aimerais bien hiberner… heureusement que tous les projets du moment sont réjouissants ! Hier à Lyon, il faisait soleil et neige en même temps, je n’avais jamais vu ça. C’était très beau.
      Tu intègres l’équipe d’acteurs permanents du Festival de caves, peux-tu nous dire comment s’est faite cette rencontre ?
      Je connais le Festival depuis un moment. Comme pas mal de comédiens de l’équipe, j’ai fait la formation du DEUST Théâtre à Besançon. Par la suite, j’ai aussi beaucoup travaillé au Festival des Nuits de Joux à Pontarlier où pas mal de membres de l’équipe des caves étaient aussi. Et puis, je suis une spectatrice du Festival de caves depuis la 2ème édition! C’est donc une expérience assez singulière que d’intégrer cette équipe. Un drôle de mélange entre nouveauté et familiarité.
      Qu’est-ce que représente la cave pour toi ?
      Quand j’étais petite, à chaque réveillon de Noël, mon grand père demandait à tous ses petits enfants de descendre à la cave avec lui pendant que « le père Noel » devait installer les cadeaux. On était tous réunis là, tous serrés et je me souviens qu’on entendait l’eau qui coulait dans les canalisations et mon grand-père disait « vous entendez ce bruit ? C’est le Père Noël qui passe par les tuyaux… » et on devait tous rester en silence et bien écouter tout les petits bruits et puis au bout de 15mn on remontait et les cadeaux étaient là comme par magie. Ce qui était fou, c’est qu’année après année, même en ne croyant plus au père Noël, on voulait toujours y aller (…) Et une fois qu’on était dans la cave, on remontait et les cadeaux étaient là comme par magie. Ce qui était fou, c’est qu’année après année, on voulait toujours y aller (…) Mais une fois qu’on était dans la cave, c’est comme si on se remettait à y croire. Comme si les murs pleins de petits bruits d’eau qui coule dans les tuyaux avaient un pouvoir particulier. Je me rappelle très fortement de cette sensation de me dire qu’à côté, il était en train de se passer un truc extraordinaire.
      Peux-tu nous parler de la pièce dans laquelle tu vas jouer ?
      Je vais jouer dans « Je ne suis pas jolie » mise en scène par Julien Barbazin. (…) Ce qui est assez particulier c’est que Liddell est extrêmement présente en tant que personne dans ces textes. C’est véritablement elle qui parle et qui parfois fait référence à des épisodes réels de sa propre vie. (…) Notre objectif avec Julien est donc de s’approprier cette parole comme si c’était la mienne mais tout en faisant entendre l’écriture du texte. C’est assez compliqué car il faut que la parole de la comédienne soit sincère (presque intime) et en même temps on doit aussi entendre le cri de Liddell là dedans. Et comme je ne suis pas Angelica Liddell, et que sa colère et ses blessures ne sont pas les miennes, je dois à la fois faire un vrai travail d’interprète, créer une fiction autour de cette femme qui parle et en même temps trouver la sincérité de cette parole, qu’il y ait aussi un côté presque témoignage dans l’affaire…
      Je vais également travailler avec Gilles Bouillon sur une adaptation d’Ellis Island de Georges Perec. Je ne peux pas tellement en parler car les répétitions n’ont pas encore commencé… Mais ce qui est sûr c’est que d’un point de vu du texte ce sera complètement différent d’Angelica Liddell!
      Comme actrice comment appréhendes-tu les premiers rendez-vous avec un metteur en scène ?
      Etant toute nouvelle dans l’équipe du Festival, je me retrouve donc dans la situation de travailler avec deux metteurs en scène que je ne connaissais pas du tout avant.
      (Silence)
      C’est vrai qu’il y a une forme d’appréhension sur une première rencontre avec un ou une metteur(e) en scène. Les premiers temps sont toujours un peu délicats. Pour moi le plus important, c’est de trouver comment on communique, établir un langage commun pour qu’on puisse se comprendre le mieux possible dans le travail. C’est sûr qu’on gagne du temps là dessus quand on travaille avec quelqu’un qu’on connait depuis 10 ans. Mais en même temps le hasard des rencontres crée une tension nouvelle et nous sort un peu de ce qu’on sait faire. Quand Julien (Barbazin) m’a envoyé le texte de Liddell, je l’ai lu et la première chose que j’ai pensé c’est que s’il me connaissait très bien comme comédienne, il ne m’aurait sûrement pas proposer un texte comme ça…! Ce n’est pas une forme de théâtre et d’écriture avec laquelle je suis familière. Mais du coup c’est assez génial car complètement inattendu et surprenant pour moi de travailler là dessus!
      Et puis quand le travail commence… et ben j’essaie tant bien que mal de rester le plus possible moi même. Quitte à ce que ça soit laborieux, qu’on mette du temps à se « rencontrer » comme on dit. C’est normal, on a tous des références et des sensibilités différentes, il faut prendre le temps que tout ça se mette en place. J’ai compris ça assez récemment. Il n’y a pas si longtemps que ça, quand je démarrais un projet avec un(e) metteur(e) en scène inconnu(e) j’essayais de comprendre le plus vite possible ce qu’on attendait de moi, d’être efficace… et je pense que c’est comme ça que je travaille le plus mal…! Je ne m’écoute pas donc je produis des choses qui ne me ressemblent pas et qui manquent cruellement de sincérité… et le théâtre quand c’est pas sincère et vrai c’est quand même super chiant…
      Merci Camille.
    Angélica Liddell, née Angélica González en 1966 à Figueras, est une artiste, metteuse en scène, auteure et interprète espagnole d’origine catalane, d’expression castillane.
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