Archives de la 3ème édition
du 19 Mai au 20 Juin 2008

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Les caves sont des lieux ambigus… et c’est peut-être pourquoi elles sont propices au théâtre. Elles forment toujours des endroits secrets, parfois pour le meilleur : laisser se bonifier un vin, qui vieillit d’autant mieux que le temps semble à peine s’y écouler, obscurément et sans heurts. Car la cave n’est que traversée, de temps en temps, par la lumière et par les hommes ; sauf quand, nous disent les chansons à boire, certains viennent étancher leur soif inextinguible à la source. Mais d’autres peuvent aussi y trouver refuge, contre des bombardements, des combats, des persécutions, et voir y séjourner : il y a des caves qui sauvent et Truffaut a rendu hommage à l’une de celles-ci dans Le dernier métro. 

Au contraire, il en est qui deviennent des lieux de terreur et d’horreur souterraine. C’est que nous enfouissons tous les objets de nos plus grand passions : l’argent, dans des coffres-forts qui ne peuvent manquer de susciter la convoitise de fameux gangsters (d’où Ocean’s eleven et bien d’autres films du genre) ; le pouvoir et ses attributs, telles les bouteilles de vin des Enchaînés de Hitchcock, qui contiennent cette fois de l’uranium ; enfin, la sexualité. Le silence des agneaux, ou n’importe quel autre film, n’est alors rien face à la réalité, du moins celle que l’on connaît par les médias… Mais nous n’en avons pas moins besoin de la fiction, au contraire.

Or, Mala Noche ne vous propose pas un festival de cinéma sur les caves, mais du théâtre dans les caves : la réalité du lieu, habitée par la fiction et sa vérité paradoxale, qu’elle soit tragique ou comique ; comme les caves elles-mêmes.

Jean-Pierre Babin

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