Archives de la 4ème édition
du 16 Mai au 20 Juin 2009

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Festival de Caves 2009. Près de quarante représentations à Besançon mais aussi dans d’autres communes franc-comtoises. 6 nouveaux spectacles proposés par les comédiens-amis de la compagnie. Une dizaine de caves prêtes à accueillir comédiens et spectateurs. Nous aimons ce Festival de Caves. Nous aimons cet espace de création qu’il propose mais surtout, peut-être, nous aimons la relation privilégiée avec les spectateurs qu’il impose. Dans ce Festival, ce n’est pas la loi du grand nombre mais la force du petit nombre. Petit nombre de spectateurs qui, les soirs des mois de mai et de juin se retrouvent pour être emmenés dans des sous-sols insoupçonnés dans lesquels nous leur racontons des histoires. Et ce que nous avons observé, après trois années de créations en cave, et ce que sincèrement nous n’avions pas imaginé, c’est comment ce petit nombre permet une écoute particulière, intense. Là serait la force du petit nombre : son intensité. Notre Festival permet, ainsi, de donner à entendre des textes, des histoires complexes, ambigus, difficiles parfois. Et grâce à la proximité entre les comédiens et les spectateurs, grâce à la non-dilution de la parole, cette difficulté disparaît au profit d’un plaisir souvent intense. Et ce qu’il y a de magique dans ces caves, c’est que malgré cette exiguïté, malgré cette proximité, deux espaces disjoints apparaissent tout de même : l’espace de la représentation, dans lequel le comédien-personnage se meut et l’espace de la réception dans lequel le spectateur regarde et écoute. Pas de confusion. Dans ces quelques dizaines de mètres carrés, c’est bien un théâtre qui s’est inventé. Un théâtre provisoire, certes, avant que le cave ne retrouve ses fonctions premières de bric-à-brac intime, de lieu de bricolage ou de réserve à bouteilles. Mais un théâtre. Un théâtre pour un petit nombre de spectateurs. Un théâtre de l’écoute particulière. Un théâtre concentré. Un théâtre qui recherche ses origines. Un théâtre exigeant. Mais également, devant ce petit nombre, le spectacle proposé pourra être léger. Imparfait. Esquissé. Le petit nombre permet cela aussi. Voir le travail en train de se faire, l’acteur en train de chercher. Ces caves pourraient être ce que les esquisses sont à la peinture : des gestes. Des gestes brefs, intenses. Rugueux. Bruts.

Guillaume Dujardin

 

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