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Black House
Anne Monfort / Marik Renner

Librement inspiré des figures de Rosa Luxemburg, des Pussy Riots, de la RAF et de textes d'Alfred Döblin / Mise en scène d'Anne Monfort / Avec Marik Renner
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Mise en scène :
Avec :
Edition(s) du festival :

Librement inspiré des figures de Rosa Luxemburg, des Pussy Riots, de la RAF et de textes d’Alfred Döblin

Mise en scène d’Anne Monfort

Avec Marik Renner

Black house, à la fois l’inverse de la White house, un QG des minorités pensé dans les années 70 aux États-Unis. Une forme de chambre noire aussi… Une femme seule, dans une chambre noire, une prison ou un refuge. Ce qu’elle a fait exactement ? Peut-être a-t-elle braqué des banques, peut-être s’est-elle insurgée contre son gouvernement. Elle parle à un homme absent, évoque ses différentes vies, tente de réinventer une révolution passée ou future… Ce travail naît d’une envie de traiter la question de l’engagement aujourd’hui, de ces moments qui basculent, où le monde sort de ses gonds. Rosa Luxemburg, Emma Goodman, Angela Davis, aujourd’hui Nadejda Tolokonnikova, autant de figures politiques qui ont fait de la prison le siège d’une pensée de la liberté. C’est autour d’elles que nous rêverons. L’actrice passe d’une biographie à l’autre, rejoue des scènes de films, connus ou moins connus, reprend des vidéos d’actualité, constitue sa propre biographie à partir de ces différents éléments. Elle nous transporte d’une époque à une autre, en constituant peu à peu, avec les spectateurs de la cave, ce que pourrait être une communauté.

Anne Monfort

En prison, rien ne change jamais : hier est comme aujourd’hui qui sera comme demain. Cette immuabilité est proprement insupportable – sauf si vous opérez une conversion phénoménologique : ici, la conversion à la vertu carcérale. Vous constatez alors que, même quand il semble que rien ne se passe, il se passe encore quelque chose : par exemple, hier “ça n’allait pas” et aujourd’hui “ça va mieux” – ou l’inverse. Les philosophes ont donc raison : ce qui nous arrive vient de nous. Mais si vous n’assumez pas ce fait comme une discipline, cela peut rendre fou. Au bout de cinq ans de prison, vous ne savez plus rien faire, pas même traverser une rue. Mais l’avantage, c’est que vous revoyez tout à neuf.

Bernard Stiegler