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Une main
Charles Ferdinand Ramuz / Gilles Bouillon / René Turquois, Thomas Champeau

Une main / Charles-Ferdinand Ramuz / avec Thomas Champeau et René Turquois / Mise en scène Gilles Bouillon, dramaturgie Bernard Pico.
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Le 12 mars 2020, Gilles Bouillon, en retard, court vers le théâtre : la représentation va commencer. Il accélère ; ça y est, il aperçoit l’entrée ; mais un traître petit bout de trottoir mouillé… Il glisse, il chute, il s’étale face contre terre. Les mains en sang – autant héroïque que têtu – il se précipite au spectacle. Docteur, radio, diagnostic : deuxième phalange du petit doigt de la main droite, brisée. Le 16 mars, l’annonce du confinement. Comment faire ? Impossible d’imaginer jouer Feydeau à « haut débit » dans le festival, comme prévu. Son petit doigt cassé lui chuchote Une Main de Ramuz, texte qui l’accompagne depuis longtemps. De l’humérus du bras gauche de Ramuz au petit doigt cassé du metteur de scène, il n’y a qu’un pas !

A la mi-janvier de 1931, Ramuz glisse sur le verglas et se brise l’humérus gauche. Impossible d’écrire. Ramuz réfléchit dès lors à la création : sa vie n’a de sens que par la place qu’elle occupe dans son œuvre. La chute, le bras cassé, l’inconfort, la douleur, le docteur, l’emmaillotage, le déshabillage, les nuits à dormir assis, l’attelle, le schéma corporel amputé et coupé en deux, la main droite ne peut écrire sans la main gauche, l’équilibre, la symétrie flageolante…

Subtil cocktail, entre Charlie Chaplin et Beckett, la langue de Ramuz avance, tour à tour chirurgicale, poétique, réaliste, philosophique, métaphysique, météorologique… A l’échelle humaine, avec humour ; et amour du monde. Corps souffrant mais toujours : corps clownesqUNE

Coproduction Festival de caves / Cie Gilles Bouillon (Tours)