.

La guerre n’a pas un visage de femme
Svetlana Alexievitch / Elisabeth Barbazin / Adrien Darocha, Anaïs Marty, Anne-Laure Sanchez, Elsa Galassi--Brunet, Karine Guibert, Marie Champain, Sarah Bosson

De Svetlana Alexievitch, traduit du russe par Galia Ackerman et Paul Lequesne / mise en scène d'Elisabeth Barbazin, assistant : Thomas Lepage, scénographie : Analyvia Lagarde / avec Sarah Bosson, Marie Champain, Adrien Darocha, Elsa Galassi, Karine Guibert, Anais Marty, Anne-Laure Sanchez / en coproduction avec le Collectif 7’ (Dijon)
Lire la suite ...

Svetlana Alexievitch est née le 31 mai 1948 en Biélorussie.
Journaliste de formation, elle enquête et mène des interviews auprès des oubliées de l’histoire et leurs donne la parole dans ce qu’elle appelle « les romans des voix ».
Nous croyons tout savoir de la guerre. Mais moi qui écoute parler les femmes – celles de la ville et celles de la campagne, femmes simples et intellectuelles, celles qui sauvaient des blessés et celles qui tenaient un fusil – je puis affirmer que c’est faux. C’est même une grande erreur. Il reste encore une guerre que nous ne connaissons pas. Je veux écrire l’histoire de cette guerre… une histoire féminine…
Dans La guerre n’a pas un visage de femme, Svetlana Alexievitch nous dit que la guerre féminine possède ses propres couleurs, ses propres odeurs, son propre éclairage et son propre espace de sentiments. Ses propres mots enfin. On n’y trouve ni héros, ni exploits incroyables mais simplement des individus absorbés par une inhumaine besogne humaine.
Et les humains ne sont pas les seuls à en souffrir :avec eux la terre, les oiseaux,les arbres.la nature entière. Laquelle souffre sans dire mot, ce qui est encore plus terrible… »

L’histoire de la deuxième guerre mondiale a bercé mon enfance, sans être la même que celle de Svetlana Alexievitch, bien sûr, mais me laisse à tout jamais la marque du tragique de la vie, de son chaos et de son absurde mais aussi de l’incroyable complexité de l’être humain confronté à la barbarie des autres mais aussi à sa propre barbarie.
Cette plongée dans les enfers se jouera avec 5 comédiennes qui donnerons voix à ces femmes, qui portent l’Histoire officielle mais aussi leur propre histoire (vraie ou floutée par le souvenir) à travers leurs quotidiens, leurs rêves et leurs cauchemars.
La parole de ces femmes soldats pendant le dernière mondiale, une parole trouée, hésitante à dire toute sa vérité, à dépasser l’émotion qui ressurgit, à calmer la violence enfouie, à laisser venir tout ce qui a été tu si longtemps, à retrouver aussi des moments forts de joie, de rires, malgré l ‘horreur, malgré la peur, malgré le mépris et l’exclusion.