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Les Habitants
Frédéric Mauvignier / Anne-Laure Sanchez / Simon Vincent

Les Habitants / de Frédéric Mauvignier, mise en scène Anne-Laure Sanchez, avec Simon Vincent / costumes Louise Yribarren
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Mise en scène :
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Dans la ville, dans la nuit, cris et éclats de voix d’un père de famille dans l’appartement d’un immeuble qui interpellent les voisins sans que personne ne s’en mêle. Les hurlements s’arrêtent : drame ; l’homme vient de se défenestrer.

Dans Les Habitants la parole est donnée à un voisin, témoin muet, sans voix, tétanisé. Comment la prendre cette parole, quand tout invite à nier. Et pour dire quoi ? L’impuissance ? Les regrets ? La solitude indépassable que l’on ressent face à la mort ? Ne serait-il pas moins mortifère de nier et de continuer sa vie ? Est-ce cela, rester vivant, passer à autre chose ? Et peut-on vraiment faire comme si rien ne s’était passé, comme si de rien n’était, comme si la mort était sans incidence ?

Parce que si les gestes restent ceux des vivants, ceux du quotidien, presque rassurants et mécaniques, dans la barre d’immeuble-dortoir de cette grande ville qui continue de battre et de grouiller au rythme des habitants et travailleurs, le père de famille qu’a-t-il entrainé dans sa chute, ou qui ?

Il y a le deuil. Il y a ce qu’on inhume, ce qu’on enfouit, qu’on ensevelit, qu’on recouvre. Mais du fond du deuil, il y a ce qui se ranime ou qu’on réveille, ce qui affleure et qu’il faut déterrer. Comme le père de famille, qui saute par la fenêtre, qu’est ce qui fait plonger, qu’est-ce qui rattrape et nous retient ?

La parole est nouée, contenue, étouffée, refoulée, perdue. Il faut frayer de nouvelles voies. De nouvelles voix. Pour qu’une fois que tout sera dit, du drame, il puisse rester ou advenir tout le reste : la vie, l’amour. Pour qu’à plusieurs voix, le poème se fasse.