Genèse du projet

En 2005, la Compagnie Mala Noche créait dans la cave d’un particulier bisontin, « Le Journal de Klemperer », monologue adapté du journal tenu entre 1933 et 1945 par le philologue allemand Victor Klemperer. Ce spectacle se faisait en partenariat avec le Musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon. La cave était le moyen […]
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En 2005, la Compagnie Mala Noche créait dans la cave d’un particulier bisontin, « Le Journal de Klemperer », monologue adapté du journal tenu entre 1933 et 1945 par le philologue allemand Victor Klemperer. Ce spectacle se faisait en partenariat avec le Musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon. La cave était le moyen de rappeler les conditions de survie et la nécessité de se cacher pour un intellectuel comme Klemperer sous un régime dictatorial.

Le lieu « cave » s’est révélé être un lieu formidable de création et a remporté un succès certain. Les spectateurs et comédiens présents lors de cette création ont compris l’intérêt que pouvait comporter un lieu comme celui-là.

Cet événement nous a donné l’envie de mettre en place, dès 2006,  un projet de création de spectacles multiples dans une période limitée, une sorte de festival que nous avons appelé “Festival de Caves”, dans lequel la seule contrainte serait l’unité de lieu : la cave. Ce projet nécessita l’invention d’une économie particulière, loin des créneaux habituels.

La proximité avec les spectateurs, le décor naturel, la petitesse de la “scène”, la limitation des éclairages et de la technique ont engendré des formes artistiques particulières. Mais ces formes peuvent être nombreuses, les esthétiques pouvant être infinies malgré l’apparente fixité des lieux.

La première année nous avons exclusivement joué à Besançon, l’architecture de cette ville permettant d’accéder à des caves patrimoniales fortes, belles, remplies d’Histoire. Depuis, progressivement, nous sommes sortis des murs de Besançon. Le Festival a grandi et continue de grandir. Chaque année, de nouvelles villes nous rejoignent. Nous sommes allés d’abord dans des communes proches. Puis, dans toute la Franche-Comté. Depuis 2010, le  Festival est présent sur tout le grand Est avec des villes comme Strasbourg, Tübingen, Lyon…. En 2013, un Festival sera créé à Mulhouse, Lille, Nantes, Privas… Et avec Ma Scène nationale – Pays de Montbéliard où nous sommes en résidence pour trois années, nous travaillons sur un élargissement européen. Un Festival de caves au Portugal ou en Suède… Proposer à Besançon, Strasbourg ou Courchaton un spectacle en croate ou en italien…

Pour réussir ce développement, nous nous sommes associés avec des compagnies ou institutions implantées dans les nouvelles villes ou régions. À charge pour elles de trouver les caves, d’inventer la relation idéale avec le public… Ainsi à Lyon, Strasbourg, Nans-sous-Sainte Anne, Montbéliard, Lons-le-Saunier, Courchaton… des compagnies, des associations organisent le Festival. Le projet devient petit à petit partenarial. La maîtrise de la direction artistique reste bisontine mais chaque compagnie propose des spectacles qui peuvent intégrer la programmation commune.

Le Festival devient ainsi un réseau de sous-sols à l’échelle européenne dans lesquels des créateurs inventent des spectacles. Ces spectacles peuvent circuler par des passages sous terrains secrets que nous sommes les seuls à connaître car nous les avons creusés !

Guillaume Dujardin

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