Comment Pantagruel, le bon géant, monta sur la mer pour aller questionner le grand monde inconnu…au bout duquel il y aurait la vérité, l’oracle de la Dive Bouteille – qui ne donnera aucune réponse : le but est dans le chemin !
Périple imaginaire, passage du nord-ouest, d’île symbolique en île mystérieuse, moutons de Panurge, tempêtes et batailles homériques contre les andouilles, monstres marins et… paroles dégelées, au bord du silence de l’océan glacial.
Avec ces mots, glaçons ronds et colorés comme des pierres précieuses et qui fondent dans la main, qui s’enflamment dans la voix, c’est aussi et surtout un voyage à travers une des plus belles langues de la littérature française : polyphonies, rythmes évocatoires, excès, obscénités, jurons, gais savoirs, propos généreux et burlesques, visions fantastiques, caprices et disparates, joie printanière et bouillonnante de la jeune Renaissance.

Dans la langue de Rabelais, dit François Bon, c’est le souvenir à chaque instant de ce qu’on interprète à haute voix sur la place publique en mimant très fort ce qu’on raconte… Il faut s’imaginer voir ce théâtre en arrière des mots. Alors tout, dans Rabelais, devient simple !

Si, de si loin (Le Quart Livre paraît en 1552), le livre nous fait signe encore aujourd’hui, c’est qu’il a été écrit dans un temps d’intolérance, de fanatisme et de contrainte. Rabelais nous y offre, face au monde d’aujourd’hui, tout ensemble une carte, une boussole, et pour la route, non pas des biscuits de mer, mais une fête de l’imagination à aiguiser tous les appétits, une gaîté libératrice, l’audace du doute et du rêve : « éclat de rire énorme et gouffre de l’esprit » (Victor Hugo)

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